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Bienvenue au Moulin Dupuy !





Situé sur la commune de Saint-André-Lachamp, dans le Parc Naturel Régional des monts d'Ardèche, sur les rives de la rivière Alune classées en zone "Natura 2000" et  « Espace Naturel Sensible », le moulin Dupuy est un élément patrimonial de grande valeur sur notre territoire, par sa dimension, son histoire et son environnement. 


 Historique

Le "moulin gournier" (du patois "trou noir") dit "Dupuy", du nom de ses derniers propriétaires, est situé sur la rive gauche de la rivière Alune, au point le plus bas de la commune de Saint-André-Lachamp à laquelle il appartient. 

Signalé dans les archives départementales dès 1370 pour l'octroi "d'un droit d'eau perpétuel fondé en titre", on a pu remonter quelques propriétaires successifs, dont le plus ancien en 1464

On retrouve le moulin mentionné sur les cartes de Cassini (18e) et le cadastre napoléonien (19e) … 

Il est relié à l'autre rive par la seule arche qui subsiste d'un pont qui en comptait quatre et permettait de rejoindre Lablachère en enjambant le bief.



L'architecture


Construit sur trois niveaux

les différentes transformations architecturales du moulin, visibles notamment sur le côté est de la façade, au-dessus du "gour", témoignent de l'évolution de ses équipements et de son utilisation au fil des siècles. Bâtit sur de très belles voûtes de grès, il témoigne d'un type de construction assez rare pour ce type d'édifice, d'autant plus que ses dimensions impressionnantes en font un des plus remarquables du territoire.  


La "chambre d’eau" 

Elle renferme la base du principe hydraulique de la bâtisse : les deux "amenées d’eau" sont constituées chacune d’une "gorgue" monolithique en grès. Elles sont prolongées par une "trompe" en châtaigner qui canalise l’eau sous pression sur les "augets" (ou cuillères, en châtaignier ou en fer) du "rodet" (ou roue, autrefois en fonte) et mettent en mouvement meule et rouages accessoires... Entre ces deux éléments en grès et en bois est scellée la vanne en bronze constituée d'une "pelle" qui coulissait dans des glissières du même alliage (cuivre + étain) pour régler le débit. 


L’étage supérieur 

Il est constitué de deux grandes salles contiguës avec de très belles voûtes en grès et un magnifique escalier en pierres de taille. En ses murs, plusieurs grandes pierres sont gravées ; l'une d'elle est ornée d'une fleur de lys, probable réemploi lors de la construction du moulin. Deux dates figurent gravées sur des pierres et linteaux : l’une « 1691 », témoignant peut-être d’un des remaniements du bâtiment, l’autre « 1753 », à laquelle le moulin aurait été agrandi pour recevoir la presse à olives et la cheminée.  


Au fond de la salle Est, entourant le "grand fer", les vestiges d’un « moulatout » à meule conique prise sur l'axe principal du moulin témoignent de l’utilisation de la force hydraulique pour réduire les olives en pâte avant leur pressage ; cette pâte  garnissait les "scourtins à poche" traditionnels en fibre de coco.


Au troisième niveau

 Une magnifique petite pièce voûtée à "croisée d’ogives" était sans doute utilisée pour stocker le blé avant sa mouture, puis la farine et le son.


Mais c’est dans la "salle de production" attenante que tout se passe : elle renferme les deux meules et le système de "bluterie" qui sépare la farine du son. 

Sa grande hauteur est justifiée par l’espace nécessaire pour soulever et faire pivoter la meule tournante afin de la "rhabiller" (retailler) régulièrement. 

Les commandes de réglage des meules et des vannes plongent 6,50 m plus bas dans la chambre d’eau via des tringles en acier forgé articulées par des cardans. Ces dispositifs ont été reproduits à l'identique, réutilisant même la "poignée de commande" originelle d'ouverture de la vanne.    


Par une porte assez basse, nous pénétrons dans un vaste espace destiné aujourd’hui à l'accueil du moulin, autrefois constituée de deux pièces : l'une pour abriter les animaux de trait des utilisateurs du moulin, et l'autre servant de chambre au meunier. Elle était surmontée d’un plancher garni de fourrage.





 

L'équipement pour la production d'huile d'olive



Il subsiste un "pressoir à cliquet" monumental, modernisé par des éléments de fonderie fin 19ᵉ, qui surmonte une première cuve de décantation en cuivre encastrée dans le sol appelée "décantoir" (disparue).



Elle recevait le "moût d'huile", issu du pressage, qui se séparait par simple décantation naturelle en "huile d'olive vierge" et en "margine" (eau de "végétation" naturellement contenue dans le fruit). 
On laissait le liquide reposer pendant plusieurs heures. Puis, au fur et à mesure que le bassin se remplissait, la couche supérieure (l'huile pure) s'écoulait dans le bassin en cuivre suivant. Les impuretés solides (résidus de pulpe) qui traversaient les scourtins s'accumulaient sur le fond pour former de la "lie" qui était purgée en fin de décantation.

 

Devant la grande cheminée se trouvait "l’enfer", un foyer important à alimentation basse qui chauffait une cuve demi-sphérique en cuivre de près d’un mètre de diamètre (disparue). Elle servait à chauffer l’eau utilisée dans le processus pour réduire la viscosité de l'huile, augmenter le rendement, faciliter la décantation en brisant les émulsions, « rincer » les scourtins afin d'extraire l'huile contenue dans les fibres, enfin, pour nettoyer le matériel.

 

Les résidus solides restés emprisonnés à l'intérieur des scourtins après le pressage n’étaient pas jetés : on les appelait les "grignons d'olive". Ils pouvaient être soit pressés à nouveau pour extraire une huile de qualité inférieure (l'huile de grignons), utilisés soit comme combustible, soit enfin, et plus probablement (puisque nous avons retrouvé des documents en attestant), revendus dans des savonneries.

 






 


 

L'exploitation du moulin 


 

Le meunier produisait de la farine de blé, d'orge, de châtaigne et de l'huile d'olive. 

Il cessa ses activités :

- en 1956 pour les olives (suite au gel dévastateur du mois de février qui a décimé dans nos régions entre 4 et 5 millions d'oliviers qui ont péri ou ont dû être "recépés", c'est-à-dire, coupés à leur base). 

NB : la plupart des oliviers "à troncs multiples" que vous voyez aujourd'hui dans nos régions sont des survivants de 1956 qui ont repoussé en "cépée"!

- en 1967 pour les farines ; Henry Dupuy mourut en 1969. 


Le moulin restera "en sommeil" jusque dans les années 2000. Puis, l'abandon et les "visites" successives dépouilleront de ses équipements ce haut lieu de la meunerie et du moulinage.

Fin 2017, lors des premiers "inventaires" du bâtiment, il n'y avait plus qu'à dresser le triste constat du pillage des pièces en cuivre et autres pierres taillées "intéressantes" (les meules coniques du moulatout, le linteau complet de la grande cheminée, notamment).


 

Le moulin, aujourd'hui

La meunerie refaite à neuf est aujourd’hui opérationnelle et la restauration du bâti touche à sa fin ! 

Mais nous avions un défi de taille : le moulin baigne très souvent dans une atmosphère saturée d'humidité. La charpente et les pièces de meunerie en bois jouent énormément : nous devions trouver une solution pour préserver le développement de moisissures et le gonflement excessif des bois... 

Après de nombreuses recherches et consultations d'experts, nous sommes parvenus à assainir l'espace de production et la pièce d'accueil, grâce à un système de "dessication" très efficace.

Le dispositif, installé par nos soins, répond parfaitement à nos attentes ! 

L'objectif est atteint et la pérennité des investissements est désormais assurée !


Le travail fourni par l'ensemble des bénévoles a été colossal, rapide, d'excellente qualité, et mené par une équipe toujours plus motivée !